Tu te fais shooter à poil sur le réseau
Tes grains de beauté comme l’épice qui manque à ton écran
Les zones plantaires, on les oublie
La Terre, elle t’échappe
Le grand lendemain qui chante, tu t’en fiches
Tu es là, ta bobine dans l’objectif
Ton corps aussi, on devine les seins que tu caches de tes mains
Faudrait pas non plus sombrer dans une forêt d’obélisques
Il y a le commencement de l’écriture
Avant les poses & les nippes & les grands à-plats de chevelures enflammées
Mon grand-père était communiste
Le procès de Kim je m’en tape
Moi je joue sur le piano de Monk
Et le Roi des Poissons me murmure à l’oreille
La formule magique de la bombe à hydrogène
Celle qui remplit tes narines de naphtaline
Et incruste dans ta cervelle une vidéo montrant des hommes menottés et entravés, filmés en train de se faire raser la tête
Un nouvel épisode de violence meurtrière (décolletés pigeonnants et lèvres passées au gloss)
Un nouvel épisode de la série qui te poursuit
Il est tard et tu reprends un verre de bouillon
Dehors la chiotte se recharge sous la lune
Les coyotes sont planqués sous les pavés de la terrasse
Les enfants partiront en sortie scolaire déterrer les bombes de la dernière guerre
L’institutrice a écrit un livre, elle peaufine sa campagne marketing, téléphone aux journalistes et aux producteurs, choisit avec soin des sous-vêtements à la page et plaque le filtre adéquat sur sa gueule
Les aurores boréales sont partout, le soleil crame son hélium et risque d’arrêter les frais plus tôt que prévu
Je suis coincé dans cette sous-pente, je pourrai modifier mon ADN avec les ciseaux posés sur le bureau
Je pourrai ouvrir la lucarne et attraper un morceau de ciel histoire de me remettre à l’acrylique
Je pourrai bouffer mon chat
La seringue remplie de détergent poursuit sa déambulation planétaire
T’en veux ?
Un moyen comme un autre de s’envoyer en l’air et d’aller voir ailleurs
La Voie Lactée
Repartir du bon pied…
© Richard Tabbi 30 04 2025
