Dans une interview récente je disais qu’il faut être dingue pour écrire, qu’il faut concevoir des univers qui n’ont rien à voir avec notre petit monde. Ben je crois que Lionel Cosson est de cet avis. Imaginez un privé tout droit débarqué de chez Hamett qui causerait audiardien. Le gonze, son blase, c’est Freddy Van Halen, tout un programme, n’est-il pas, comme jactent les rosbiffs ? Alors le privé, il pourrait arpenter les rues de Los Angeles ou de Paname, ça serait raccord. Ouais, mais Cosson, c’est pas le genre de mec à enfoncer les portes ouvertes, alors son extrait de pulp il te le balance à travers les galaxies, dans un futur spatiotemporel que même le Doc et Marty ils ont du mal à s’imaginer. Et là le gars y fricote avec des humanoïdes bleutés, des reptiles repoussants, y fume des barreaux de chaise extraterrestres que même Mitchum pourrait pas en sucer une bouffée sans calancher. Of course, y a aussi de la gironde, de la belette galactique à se damner… Freddy, c’est l’ami du beau sexe, fut-il andromédien, cibiche au bec il défouraille plus qu’à son tour. Mais classe le Freddy, grand saigneur aussi, il te cogne du lézard spatial en grand spécialiste des aveux arrachés à tout corps défendant. Bref, si tu aimes les odyssées spatiales où ça cause argomuche, avec du flingage à tout va et d’improbables dialogues où tu croirais entendre Ventura et Gabin en visite sur le tournage de Barbarella, t’en as pour 750 pages ; comme tu peux voir je me trimballe le truc sur l’épaule et ça fait son poids. Alors allume ta cafetière, t’en as pour la nuit.
© Richard Tabbi février 2025

Une belle chronique Richard !
Je me lancerai bientôt dans l’univers de Lionel Cosson, armée d’un café à réveiller les morts ! 😉
Merci beaucoup Marie ! Le moins qu’on puisse dire c’est que le bouzin n’est pas guère épais, faut du souffle…